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Page:Verne - P’tit-bonhomme, Hetzel, 1906.djvu/190

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et il n’avait pas encore neuf ans.

Ainsi finit John Playne,
John Playne de Kromer.
Mais la marée est pleine…
Allons, pêcheurs, en mer !


La voix de Pat sonnait comme un clairon en jetant ce dernier vers de la triste complainte. Et l’impression fut telle parmi les convives, qu’ils se contentèrent de boire un seul coup à la santé de chacun de leurs hôtes — ce qui fit un supplément de dix bonnes rasades… Et l’on se sépara avec promesse de ne jamais imiter John Playne — pas même à terre.




XIV

et il n’avait pas encore neuf ans


Ce grand jour écoulé, la ferme se remit aux travaux des champs. On en abattit, de la besogne. À coup sûr, Pat ne s’aperçut guère qu’il était venu en congé de repos. De quelle ardeur il aidait son père et ses frères. Ces marins sont véritablement de rudes travailleurs, même en dehors de la marine. Pat était arrivé au plus fort de la moisson qui fut suivie de la récolte des légumes. Il est permis de dire s’il se « pomoya » comme un gabier de misaine — expression dont il se servit, et qu’il fallut expliquer à P’tit-Bonhomme. On n’était jamais quitte avec lui tant qu’on ne lui avait pas donné le pourquoi des choses. Il ne s’éloignait guère de Pat, qui l’avait pris en amitié — une amitié de matelot pour son mousse. Dès que la journée était finie, lorsque tout le monde était rassemblé à la table du souper, quelle joie P’tit-Bonhomme éprouvait à entendre le jeune