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Page:Verne - P’tit-bonhomme, Hetzel, 1906.djvu/141

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p’tit-bonhomme.

Saisissant un bâton, elle frappa à tour de bras le pourceau qui semblait décidé à ne pas lâcher prise. Ces coups mal assurés risquaient de briser la tête de P’tit-Bonhomme, et on ne sait trop comment cette scène aurait fini, lorsqu’un léger bruit se produisit à la porte.



XI

prime à gagner.


La Hard resta interdite. Jamais on ne cherchait à entrer dans son taudis. Personne ne devait avoir cette pensée. D’ailleurs, pourquoi frapper ? Il n’y avait qu’à lever le loquet.

Les enfants s’étaient réfugiés dans un coin, où ils achevaient de dévorer la pomme de terre, gloutonnement, les joues grossies par des bouchées énormes.

On frappa de nouveau, un peu plus fort. Ce coup n’indiquait point le visiteur impérieux ou pressé qui s’impatiente. Était-ce un misérable, un mendiant de grande route, venant demander la charité ?… La charité dans ce bouge !… Et, cependant, il semblait que c’était là un coup de pauvre.

La Hard se redressa, s’affermit sur ses jambes, fit un geste de menace aux enfants. Il se pouvait que ce fût un inspecteur de Donegal, et il ne fallait pas que P’tit-Bonhomme et sa compagne allassent crier la faim.

La porte s’ouvrit, et le pourceau s’esquiva en jetant un grognement féroce.

Un homme, arrêté sur le seuil, faillit être renversé. Il se remit