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l’assassinat.


Le soleil, durant deux heures encore, allait éclairer les hauteurs de l’îlot Kabokon. Le capitaine connaissait bien la route qui conduisait à la villa, et il ne pouvait craindre de s’égarer.

Une fois engagé sous bois au fond du port, M. Gibson marcha pendant un demi-mille, et il se disposait à obliquer vers la gauche, lorsqu’il fut violemment projeté à terre. Deux hommes venaient de se précipiter sur lui, et l’un d’eux l’étreignait à la gorge. Étourdi d’un coup violent qui lui avait été porté à la poitrine, il ne les reconnut pas, ayant presque aussitôt perdu l’usage de ses sens.

Ces deux hommes le prirent alors par les épaules et par les pieds, et le transportèrent à cinq cents pas à travers le bois.

Après s’être arrêtés au bord d’une clairière, les malfaiteurs déposèrent leur victime à terre, et l’un d’eux dit :

« Il faut l’achever… »

À ce moment, les yeux de M. Gibson se rouvrirent :

« Flig Balt !… Vin Mod ! » prononça-t-il.

C’étaient le maître d’équipage et Vin Mod qui avaient commis ce crime. Vin Mod serait enfin délivré d’Harry Gibson avec l’espoir assez justifié que Flig Balt obtiendrait le