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les frères kip.


« Mais, ce me semble, il est un poisson qui pourrait accompagner la nérite dans ses promenades terrestres, et que MM. Kip ont vu à l’île Norfolk, si je ne me trompe…

— Vous voulez parler du blennie sauteur… répondit M. Zieger.

— Précisément, confirma M. Hawkins.

— Eh bien, déclara M. Zieger, ils ne manquent point ici, et vous rencontrerez, dans la baie de Port-Praslin, des amphibies qui vivent sous les eaux douces et les eaux salées, qui courent sur les grèves en sautant comme une sarigue, qui grimpent aux arbrisseaux comme des insectes ! »

L’habitation de M. Zieger apparut au tournant d’une petite futaie. C’était une sorte de villa, bâtie en bois, au milieu d’un vaste enclos de haies vives, dans lequel s’alignaient des orangers, des cocotiers, des bananiers et nombre d’autres arbres. Ombragée sous leurs hautes frondaisons, Wilhelmstaf ne se composait que d’un rez-de-chaussée surmonté d’une toiture en toile goudronnée, nécessitée par la fréquence de ces pluies qui rendent très supportable le climat d’un archipel presque situé sous l’Équateur.

Mme Zieger était une femme de quarante ans environ, Allemande comme son mari. Dès que la porte de l’enclos eut été ouverte, elle