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les frères kip.


« Si le coup n’est pas fait avant l’arrivée à Port-Praslin, nous ne rembarquerons pas au départ… C’est une chose résolue…

— Mais que deviendrez-vous en Nouvelle-Irlande ? observait Vin Mod.

— On nous gardera comme colons, répondait Len Cannon. Les Allemands ont besoin de bras… Nous attendrons quelque bonne occasion qui ne se présenterait pas en Tasmanie, et nous n’irons jamais à Hobbart-Town. »

Cette résolution était bien pour mettre en rage Flig Balt et son complice. Faute des quatre recrues, ils devaient renoncer à leurs projets. Décidément, est-ce qu’ils ne retireraient pas de cette campagne du James-Cook ce qu’ils en avaient espéré ?…

Il est vrai, si, à Port-Praslin, Len Cannon, Kyle, Sexton, Bryce désertaient, le capitaine serait très embarrassé pour reprendre la mer. Recruter d’autres matelots en cette île de Tombara, il ne fallait guère l’espérer. Port-Praslin n’était ni Dunedin ni Wellington ni Auckland, où pullulent d’ordinaire les marins en quête d’embarquement.

Ici, rien que des colons installés pour leur propre compte, ou des employés dans les maisons de commerce. De là, aucune possibilité de compléter un équipage.