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Page:Verne - Le Château des Carpathes.djvu/25

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« Oui ! s’écria-t-il, la quatrième branche est à terre… J’avais bien vu !… Et personne n’ira la ramasser pour en faire une belle flambaison de la Saint-Jean… Non, personne… pas même moi !… Ce serait risquer son corps et son âme… Mais ne vous mettez point en peine !… Il y a quelqu’un qui saura bien la fourrer, cette nuit, au milieu de son feu d’enfer… C’est le Chort ! »

Le Chort, ainsi s’appelle le diable, quand il est évoqué dans les conversations du pays.

Peut-être le juif allait-il demander l’explication de ces paroles incompréhensibles pour qui n’était pas du village de Werst ou des environs, lorsque Frik s’écria, d’une voix où l’effroi se mêlait à la surprise :

« Qu’est-ce donc, cette brume qui s’échappe du donjon ?… Est-ce une brume ?… Non !… On dirait une fumée… Ce n’est pas possible !… Depuis des années et des années, les cheminées du burg ne fument plus !

— Si vous voyez de la fumée là-bas, pasteur, c’est qu’il y a de la fumée.

— Non… colporteur, non !… C’est le verre de votre machine qui se brouille.

— Essuyez-le.

— Et quand je l’essuierais… »

Frik retourna sa lunette, et, après en avoir frotté les verres avec sa manche, il la remit à son œil.

C’était bien une fumée qui se déroulait à la pointe du donjon. Elle montait droit dans l’air calme, et son panache se confondait avec les hautes vapeurs.

Frik, immobile, ne parlait plus. Toute son attention se concentrait sur le burg que l’ombre ascendante commençait à gagner au niveau du plateau d’Orgall.

Soudain, il rabaissa la lunette, et, portant la main au bissac qui pendait sous son sayon :

« Combien votre tuyau ? demanda-t-il.