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Page:Verne - Le Château des Carpathes.djvu/214

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Le baron ne fut pas atteint, mais la balle de Rotzko fracassa la boîte qu’il serrait entre ses bras.

Il poussa un cri terrible.

« Sa voix… sa voix !… répétait-il. Son âme… l’âme de la Stilla… Elle est brisée… brisée… brisée !… »

Et alors, les cheveux hérissés, les mains crispées, on le vit courir le long de la terrasse, criant toujours :

« Sa voix… sa voix !… Ils m’ont brisé sa voix !… Qu’ils soient maudits ! »

Puis, il disparut à travers la porte, au moment où Rotzko et Nic Deck cherchaient à escalader l’enceinte du burg, sans attendre l’escouade des agents de police.

Presque aussitôt, une formidable explosion fit trembler tout le massif du Plesa. Des gerbes de flammes s’élevèrent jusqu’aux nuages, et une avalanche de pierres retomba sur la route du Vulkan.

Des bastions, de la courtine, du donjon, de la chapelle du château des Carpathes, il ne restait plus qu’une masse de ruines fumantes à la surface du plateau d’Orgall.

XVII

On ne l’a point oublié, en se reportant à la conversation du baron et de Orfanik, l’explosion ne devait détruire le château qu’après le départ de Rodolphe de Gortz. Or, au moment où cette explosion s’était produite, il était impossible que le baron eût eu le temps de s’enfuir par le tunnel sur la route du col. Dans l’emportement de la douleur,