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Page:Verne - Le Château des Carpathes.djvu/186

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ici… au pouvoir de cet homme… ma pauvre Stilla… sa raison s’est égarée… »

Alors il se releva, les yeux hagards, les gestes désordonnés, la tête en feu…

« Moi aussi… je sens que ma raison s’égare !… répétait-il. Je sens que je vais devenir fou… fou comme elle… »

Il allait et venait à travers la crypte avec les bonds d’un fauve dans sa cage…

« Non ! répéta-t-il, non !… Il ne faut pas que ma tête se perde !… Il faut que je sorte du burg… J’en sortirai ! »

Et il s’élança vers la première porte…

Elle venait de se fermer sans bruit.

Franz ne s’en était pas aperçu, pendant qu’il écoutait la voix de la Stilla…

Après avoir été emprisonné dans l’enceinte du burg, il était maintenant emprisonné dans la crypte.

XIV

Franz était atterré. Ainsi qu’il avait pu le craindre, la faculté de réfléchir, la compréhension des choses, l’intelligence nécessaire pour en déduire les conséquences, lui échappaient peu à peu. Le seul sentiment qui persistait en lui, c’était le souvenir de la Stilla, c’était l’impression de ce chant que les échos de cette sombre crypte ne lui renvoyaient plus.

Avait-il donc été le jouet d’une illusion ? Non, mille fois non ! C’était bien la Stilla qu’il avait entendue tout à l’heure, et c’était bien elle qu’il avait vue sur le bastion du château.