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Page:Verne - Le Château des Carpathes.djvu/179

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cuter jusqu’aux étages du donjon. Il ne se décourageait point, et il irait tant que la force ne lui manquerait pas, tant qu’un infranchissable obstacle ne l’obligerait pas à s’arrêter.

Cependant, sans qu’il s’en rendît compte, Franz était exténué déjà. Depuis son départ de Werst, il n’avait rien mangé. Il souffrait de la faim et de la soif. Son pas n’était plus sûr, ses jambes fléchissaient. Au milieu de cet air humide et chaud qui traversait son vêtement, sa respiration était devenue haletante, son cœur battait précipitamment.

Il devait être près de neuf heures, lorsque Franz, en projetant son pied gauche, ne rencontra plus le sol.

Il se baissa, et sa main sentit une marche en contrebas, puis une seconde.

Il y avait là un escalier.

Cet escalier s’enfonçait dans les fondations du château, et peut-être n’avait-il pas d’issue ?

Franz n’hésita pas à le prendre, et il en compta les marches, dont le développement suivait une direction oblique par rapport au couloir.

Soixante-dix-sept marches furent ainsi descendues pour atteindre un second boyau horizontal, qui se perdait en de multiples et sombres détours.

Franz marcha ainsi l’espace d’une demi-heure, et, brisé de fatigue, il venait de s’arrêter, lorsqu’un point lumineux apparut à deux ou trois centaines de pieds en avant.

D’où provenait cette lueur ? Était-ce simplement quelque phénomène naturel, l’hydrogène d’un feu follet qui se serait enflammé à cette profondeur ? N’était-ce pas plutôt un falot, porté par une des personnes qui habitaient le burg ?

« Serait-ce elle ?… » murmura Franz.

Et il lui revint à la pensée qu’une lumière avait déjà paru, comme pour lui indiquer l’entrée du château, lorsqu’il était égaré entre les roches du plateau d’Orgall. Si c’était la Stilla qui lui avait