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Page:Verne - Le Château des Carpathes.djvu/176

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XIII

Les gens du pays transylvain et les voyageurs qui remontent ou redescendent le col de Vulkan ne connaissent du château des Carpathes que son aspect extérieur. À la respectueuse distance où la crainte arrêtait les plus braves du village de Werst et des environs, il ne présente aux regards que l’énorme amas de pierres d’un burg en ruine.

Mais, à l’intérieur de l’enceinte, le burg était-il si délabré qu’on devait le supposer ? Non. À l’abri de ses murs solides, les bâtiments restés intacts de la vieille forteresse féodale auraient encore pu loger toute une garnison.

Vastes salles voûtées, caves profondes, corridors multiples, cours dont l’empierrement disparaissait sous la haute lisse des herbes, réduits souterrains où n’arrivait jamais la lumière du jour, escaliers dérobés dans l’épaisseur des murs, casemates éclairées par les étroites meurtrières de la courtine, donjon central à trois étages avec appartements suffisamment habitables, couronné d’une plate-forme crénelée, entre les diverses constructions de l’enceinte, d’interminables couloirs capricieusement enchevêtrés, montant jusqu’au terre-plein des bastions, descendant jusqu’aux entrailles de l’infrastructure, çà et là quelques citernes, où se recueillaient les eaux pluviales et dont l’excédent s’écoulait vers le torrent du Nyad, enfin de longs tunnels, non bouchés comme on le croyait, et qui donnaient accès sur la route du col de Vulkan, — tel était l’ensemble de ce château des Carpathes, dont le plan géométral offrait un sys-