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Page:Verne - Le Château des Carpathes.djvu/174

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elle pas au-dessus des créneaux du donjon ? Il eût marché vers ce son, il eût marché vers cette lueur, comme le marin sur les sifflements d’une sirène d’alarme ou les éclats d’un phare !

Non !… Rien que la profonde nuit limitant la portée de son regard à quelques pas.

Cela dura près d’une heure. À la déclivité du sol qui se prononçait sur sa gauche, Franz sentait qu’il s’était égaré. Ou bien avait-il descendu plus bas que la poterne ? Peut-être s’était-il avancé au delà du pont-levis ?

Il s’arrêta, frappant du pied, se tordant les mains. De quel côté devait-il se diriger ? Quelle rage le prit à la pensée qu’il serait obligé d’attendre le jour !… Mais alors il serait vu des gens du burg… il ne pourrait les surprendre… Rodolphe de Gortz se tiendrait sur ses gardes…

C’était la nuit, c’était dès cette nuit même qu’il importait de pénétrer dans l’enceinte, et Franz ne parvenait pas à s’orienter au milieu de ces ténèbres !

Un cri lui échappa… un cri de désespoir.

« Stilla… s’écria-t-il, ma Stilla !… »

En était-il à penser que la prisonnière pût l’entendre, qu’elle pût lui répondre ?…

Et, pourtant, à vingt reprises, il jeta ce nom que lui renvoyèrent les échos du Plesa.

Soudain les yeux de Franz furent impressionnés. Une lueur se glissait à travers l’ombre – une lueur assez vive, dont le foyer devait être placé à une certaine hauteur.

« Là est le burg… là ! » se dit-il.

Et, vraiment, par la position qu’elle occupait, cette lueur ne pouvait venir que du donjon central.

Étant donné sa surexcitation mentale, Franz n’hésita pas à croire que c’était la Stilla qui lui envoyait ce secours. Plus de doute, elle l’avait reconnu, au moment où il l’apercevait lui-même sur le terre-plein du bastion. Et, maintenant, c’était elle qui lui adressait ce si-