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Page:Verne - Le Château des Carpathes.djvu/170

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Le jeune comte cherchait pourtant à se remettre du désordre de ses idées, qui, d’ailleurs, allaient se concentrer en une seule : arracher à Rodolphe de Gortz la Stilla, depuis cinq ans prisonnière au château des Carpathes !

« Rotzko, dit Franz d’une voix haletante, écoute-moi… comprends-moi surtout… car il me semble que la raison va m’échapper…

— Mon maître… mon cher maître !

— À tout prix, il faut que j’arrive jusqu’à elle… elle !… ce soir même…

— Non… demain…

— Ce soir, te dis-je !… Elle est là… Elle m’a vu comme je la voyais… Elle m’attend…

— Eh bien… je vous suivrai…

— Non !… J’irai seul.

— Seul ?…

— Oui.

— Mais comment pourrez-vous pénétrer dans le burg, puisque Nic Deck ne l’a pas pu ?…

— J’y entrerai, te dis-je.

— La poterne est fermée…

— Elle ne le sera pas pour moi… Je chercherai… je trouverai une brèche… j’y passerai…

— Vous ne voulez pas que je vous accompagne… mon maître… vous ne le voulez pas ?…

— Non !… Nous allons nous séparer, et c’est en nous séparant que tu pourras me servir…

— Je vous attendrai donc ici ?…

— Non, Rotzko.

— Où irai-je alors ?…

— À Werst… ou plutôt… non… pas à Werst… répondit Franz. Il est inutile que ces gens sachent… Descends au village de Vulkan, où tu resteras cette nuit… Si tu ne me revois pas demain, quitte Vulkan dès le matin… c’est-à-dire… non… attends encore quelques