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Page:Verne - Le Château des Carpathes.djvu/157

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XI

Le lendemain, le jeune comte se réveilla dès l’aube, l’esprit encore troublé des visions de la nuit.

C’était dans la matinée qu’il devait partir du village de Werst pour prendre la route de Kolosvar.

Après avoir visité les bourgades industrielles de Petroseny et de Livadzel, l’intention de Franz était de s’arrêter une journée entière à Karlsburg, avant d’aller séjourner quelque temps dans la capitale de la Transylvanie. À partir de là, le chemin de fer le conduirait à travers les provinces de la Hongrie centrale, dernière étape de son voyage.

Franz avait quitté l’auberge et, tout en se promenant sur la terrasse, sa lorgnette aux yeux, il examinait avec une profonde émotion les contours du burg que le soleil levant profilait assez nettement sur le plateau d’Orgall.

Et ses réflexions portaient sur ce point : une fois arrivé à Karlsburg, tiendrait-il la promesse qu’il avait faite aux gens de Werst ? Préviendrait-il la police de ce qui se passait au château des Carpathes ?

Lorsque le jeune comte s’était engagé à ramener le calme au village, c’était avec l’intime conviction que le burg servait de refuge à une bande de malfaiteurs, ou, tout au moins, à des gens suspects qui, ayant intérêt à n’y point être recherchés, s’étaient ingéniés à en interdire l’approche.

Mais, pendant la nuit, Franz avait réfléchi. Un revirement s’était opéré dans ses idées, et il hésitait à présent.