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Page:Verne - Le Château des Carpathes.djvu/151

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— Oui… laissons ce brave docteur, et ne parlons que de ce qui vous est arrivé, Nic Deck.

— Ce qui m’est arrivé est très clair. Il n’est pas douteux que j’ai reçu une terrible secousse, et cela d’une manière qui n’est guère naturelle.

— Il n’y avait aucune apparence de blessure sur votre corps ? demanda Franz.

— Aucune, monsieur le comte, et pourtant j’ai été atteint avec une violence…

— Est-ce bien au moment où vous aviez posé la main sur la ferrure du pont-levis ?…

— Oui, monsieur le comte, et à peine l’avais-je touchée que j’ai été comme paralysé. Heureusement, mon autre main, qui tenait la chaîne, n’a pas lâché prise, et j’ai glissé jusqu’au fond du fossé, où le docteur m’a relevé sans connaissance. »

Franz secouait la tête en homme que ces explications laissaient incrédule.

« Voyons, monsieur le comte, reprit Nic Deck, ce que je vous ai raconté là, je ne l’ai pas rêvé, et si, pendant huit jours, je suis resté étendu tout de mon long sur ce lit, n’ayant plus l’usage ni du bras ni de la jambe, il ne serait pas raisonnable de dire que je me suis figuré tout cela !

— Aussi je ne le prétends pas, et il est bien certain que vous avez reçu une commotion brutale…

— Brutale et diabolique !

— Non, et c’est en cela que nous différons, Nic Deck, répondit le jeune comte. Vous croyez avoir été frappé par un être surnaturel, et moi, je ne le crois pas, par ce motif qu’il n’y a pas d’êtres surnaturels, ni malfaisants ni bienfaisants.

— Voudriez-vous alors, monsieur le comte, me donner la raison de ce qui m’est arrivé ?

— Je ne le puis encore, Nic Deck, mais soyez sûr que tout s’expliquera et de la façon la plus simple.

— Plaise à Dieu ! répondit le forestier.