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Page:Verne - Le Château des Carpathes.djvu/119

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Bref, il advint que maître Koltz, pensant qu’il était de son devoir de donner l’exemple, se hasarda à faire acte de présence.

Vers neuf heures, le biró entra, quelque peu hésitant. Presque aussitôt, il fut suivi du magister Hermod, de trois ou quatre autres habitués et du pâtour Frik. Quant au docteur Patak, il avait été impossible de le décider à les accompagner.

« Remettre le pied chez Jonas, avait-il répondu, jamais, quand il me paierait dix florins ma visite ! »

Il convient de faire ici une remarque qui n’est pas sans avoir une certaine importance : si maître Koltz avait consenti à revenir au Roi Mathias, ce n’était pas dans l’unique but de satisfaire un sentiment de curiosité, ni par désir de se mettre en relation avec le comte Franz de Télek. Non ! L’intérêt entrait pour une bonne part dans sa détermination.

En effet, en sa qualité de voyageur, le jeune comte était astreint à payer une taxe de passage pour son soldat et pour lui. Or, on ne l’a point oublié, ces taxes allaient directement à la poche du premier magistrat de Werst.

Le biró vint donc faire sa réclamation en termes fort convenables, et Franz de Télek, quoique un peu surpris de la demande, s’empressa d’y faire droit.

Il offrit même à maître Koltz et au magister de s’asseoir un instant à sa table. Ceux-ci acceptèrent, ne pouvant refuser une offre si poliment formulée.

Jonas se hâta de servir des liqueurs variées, les meilleures de sa cave. Quelques gens de Werst demandèrent alors une tournée pour leur compte. Il y avait ainsi lieu de croire que l’ancienne clientèle, un instant dispersée, ne tarderait pas à reprendre le chemin du Roi Mathias.

Après avoir acquitté la taxe des voyageurs, Franz de Télek désira savoir si elle était productive.

« Pas autant que nous le voudrions, monsieur le comte, répondit maître Koltz.