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Page:Verne - Le Château des Carpathes.djvu/110

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« Si l’on est malade d’une maladie naturelle, se contenta-t-il de répondre d’un ton dogmatique, c’est déjà grave ! Mais, s’agit-il d’une maladie surnaturelle, que le Chort vous envoie dans le corps, il n’y a guère que le Chort qui puisse la guérir ! »

À défaut de diagnostic, ce pronostic n’était pas rassurant pour Nic Deck. Très heureusement, ces paroles n’étaient point paroles d’évangile, et combien de médecins se sont trompés depuis Hippocrate et Galien et se trompent journellement, qui sont supérieurs au docteur Patak. Le jeune forestier était un gars solide ; avec sa vigoureuse constitution, il était permis d’espérer qu’il s’en tirerait — même sans aucune intervention diabolique, — et à la condition de ne pas suivre trop exactement les prescriptions de l’ancien infirmier de la quarantaine.

VIII

De tels événements ne pouvaient pas calmer les terreurs des habitants de Werst. Il n’y avait plus à en douter maintenant, ce n’étaient pas de vaines menaces que la « bouche d’ombre », comme dirait le poète, avait fait entendre aux clients du Roi Mathias. Nic Deck, frappé d’une manière inexplicable, avait été puni de sa désobéissance et de sa témérité. N’était-ce pas un avertissement à l’adresse de tous ceux qui seraient tentés de suivre son exemple ? Interdiction formelle de chercher à s’introduire dans le château des Carpathes, voilà ce qu’il fallait conclure de cette déplorable tentative. Quiconque la reprendrait, y risquerait sa vie. Très certainement, si le