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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/95

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EN SUIVANT UNE LIANE.

— Des étrangers qui se voient pour la première fois, ajouta la jeune fille, qui se rencontrent, se saluent…

— Mademoiselle… dit Manoel en s’inclinant devant Minha.

— À qui ai-je l’honneur de parler, monsieur ? demanda la jeune fille du plus grand sérieux.

— À Manoel Valdez, qui serait heureux que monsieur votre frère voulût bien le présenter…

— Ah ! au diable ces maudites façons ! s’écria Benito. Mauvaise idée que j’ai eue là !… Soyez fiancés, mes amis ! Soyez-le tant qu’il vous plaira ! Soyez-le toujours !

— Toujours ! » dit Minha, à qui ce mot échappa si naturellement que les éclats de rire de Lina redoublèrent.

Un regard reconnaissait de Manoel récompensa la jeune fille de l’imprudence de sa langue.

« Si nous marchions, nous parlerions moins ! En route ! » cria Benito, pour tirer sa sœur d’embarras.

Mais Minha n’était pas pressée.

« Un instant, frère ! dit-elle, tu l’as vu ! j’allais t’obéir ! Tu voulais nous obliger à nous oublier, Manoel et moi, pour ne pas gâter ta promenade ! Eh bien, j’ai à mon tour un sacrifice à te demander pour ne pas gâter la mienne ! Tu vas, s’il te plaît,