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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/90

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LA JANGADA.

jangada qui, avec les diverses habitations nécessaires au logement des équipes de manœuvre, deviendrait un véritable village flottant. Puis, à l’heure dite, les eaux du fleuve, gonflées par la crue, viendraient la soulever et l’emporteraient pendant des centaines de lieues jusqu’au littoral de l’Atlantique.

Pendant toute la durée de ces travaux, Joam Garral s’y était entièrement adonné. Il les avait dirigés lui-même, d’abord sur le lieu de défrichement, ensuite à la lisière de la fazenda, formée d’une large grève, sur laquelle furent disposées les pièces du radeau.

Yaquita, elle, s’occupait avec Cybèle de tous les préparatifs de départ, bien que la vieille négresse ne comprît pas qu’on voulût s’en aller de là où l’on se trouvait si bien.

« Mais tu verras des choses que tu n’as jamais vues ! lui répétait sans cesse Yaquita.

— Vaudront-elles celles que nous sommes habituées à voir ? » répondait invariablement Cybèle.

De leur côté, Minha et sa favorite songeaient à ce qui les concernait plus particulièrement. Il ne s’agissait pas pour elles d’un simple voyage : c’était un départ définitif, c’étaient les mille détails d’une installation dans un autre pays, où la jeune mulâ-