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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/71

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L’AMAZONE.

Lauricocha, à peu près situé entre les onzième et douzième degrés de latitude sud.

À ceux qui voudraient le faire sourdre en Bolivie et tomber des montagnes de Titicaca, incomberait l’obligation de prouver que le véritable Amazone est l’Ucayali, qui se forme de la jonction du Paro et de l’Apurimac ; mais cette opinion doit être désormais repoussée.

À sa sortie du lac Lauricocha, le fleuve naissant s’élève vers le nord-est sur un parcours de cinq cent soixante milles, et il ne se dirige franchement vers l’est qu’après avoir reçu un important tributaire, le Pante. Il s’appelle Marañon sur les territoires colombien et péruvien, jusqu’à la frontière brésilienne, ou plutôt Maranhao, car Marañon n’est autre chose que le nom portugais francisé. De la frontière du Brésil à Manao, où le superbe rio Negro vient s’absorber en lui, il prend le nom de Solimaës ou Solimoens, du nom de la tribu indienne Solimao, dont on retrouve encore quelques débris dans les provinces riveraines. Et enfin, de Manao à la mer, c’est l’Amasenas ou fleuve des Amazones, nom dû aux Espagnols, à ces descendants de l’aventureux Orellana, dont les récits, douteux mais enthousiastes, donnèrent à penser qu’il existait une tribu de femmes guerrières, établies sur le rio Nha-