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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/64

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LA JANGADA.

Yaquita avait pris dans ses deux mains la main de son mari, et elle la serrait plus tendrement. « Mon Joam, dit-elle, ce n’est pas à un caprice que te te prie de céder. Non ! J’ai longtemps réfléchi à la proposition que je viens de te faire, et si tu consens, ce sera la réalisation de mon plus cher désir. Nos enfants connaissent la démarche que je fais près de toi en ce moment. Minha, Benito, Manoel te demandent ce bonheur, que nous les accompagnions tous les deux ! J’ajoute que nous aimerions à célébrer ce mariage à Bélem plutôt qu’à Iquitos. Cela serait utile à notre fille, à son établissement à la situation qu’elle doit prendre à Belem, qu’on la vit arriver avec les siens, et elle paraîtrait moins étrangère dans cette ville où doit s’écouler la plus grande partie de son existence ! »

Joam Carral s’était accoudé. Il cacha un instant son visage dans ses mains, comme un homme qui sent le besoin de se recueillir avant de répondre. Il y avait évidemment en lui une hésitation contre laquelle il voulait réagir, un trouble même, que sa femme sentait bien, mais qu’elle ne pouvait s’expliquer. Un combat secret se livrait sous ce front pensif. Yaquita, inquiète, se reprochait presque d’avoir touché cette question. En tout cas, elle se résignerait à ce que Joam déciderait. Si ce départ lui coû-