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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/62

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LA JANGADA.

nous n’avons jamais visitées. Les soins de la fazenda, les travaux qui réclamaient ta présence ici ne t’ont pas permis de satisfaire notre désir. T’absenter, ne fût-ce que quelques jours, cela pouvait alors nuire à tes affaires. Mais maintenant, elles ont réussi au delà de tous nos rêves, et si l’heure du repos n’est pas encore venue pour toi, tu pourrais du moins maintenant distraire quelques semaines de tes travaux ! »

Joam Garral ne répondit pas ; mais Yaquita sentit sa main frémir dans la sienne, comme sous le choc d’une impression douloureuse. Toutefois, un demi-sourire se dessina sur les lèvres de son mari : c’était comme une invitation muette à sa femme d’achever ce qu’elle avait à dire.

« Joam, reprit-elle, voici une occasion qui ne se représentera plus dans toute notre existence. Minha va se marier au loin, elle va nous quitter ! C’est le premier chagrin que notre fille nous aura causé, et mon cœur se serre, quand je songe à cette séparation si prochaine ! Eh bien, je serais contente de pouvoir l’accompagner jusqu’à Bélem ! Ne te paraît-il pas convenable, d’ailleurs, que nous connaissions la mère de son mari, celle qui va me remplacer auprès d’elle, celle à qui nous allons la confier ? J’ajoute que Minha ne voudrait pas causer à madame Valdez