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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/61

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HÉSITATIONS.

Par un effort de sa volonté, il était redevenu maître de lui-même. L’inexplicable impression qui s’était faite en lui s’était dissipée. Peu à peu, ses yeux revinrent chercher les yeux de Yaquita, et il resta pensif en la regardant.

Yaquita lui prit la main.

« Mon Joam, dit-elle, me serais-je donc trompée ? N’avais-tu pas la pensée que ce mariage se ferait un jour, et qu’il assurerait à notre fille toutes les conditions du bonheur ?

— Oui… répondit Joam… toutes !… Àssurément. Cependant, Yaquita, ce mariage… ce mariage dans notre idée à tous… quand se ferait-il ?… Prochainement ?

— Il se ferait à l’époque que tu choisirais, Joam.

— Et il s’accomplirait ici… à Iquitos ? »

Cette demande allait amener Yaquita à traiter la seconde question qui lui tenait au cœur. Elle ne le fit pas, cependant, sans une hésitation bien compréhensible.

« Joam, dit-elle, après un instant de silence, écoute-moi bien ! J’ai, au sujet de la célébration de ce mariage, à te faire une proposition que tu approuveras, je l’espère. Deux ou trois fois déjà depuis vingt ans, je t’ai proposé de nous conduire, ma fille et moi, jusque dans ces provinces du Bas-Àmazone et du Para, que