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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/60

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LA JANGADA.

d’autre part, n’eût-il pas compris son désir, à elle aussi, de connaitre celle qui allait être la seconde mère de son enfant, et comment ne le partagerait-il pas ?

Yaquita avait pris la main de son mari, et de cette voix caressante, qui avait été toute la musique de sa vie, à ce rude travailleur :

« Joam, dit-elle, je vient te parler d’un projet dont nous désirons ardemment la réalisation et qui te rendra aussi heureux que nous le sommes, tes enfants et moi.

— De quoi s’agit-il, Yaquita, demanda Joam.

— Manuel aime notre fille, il est aimé d’elle, et dans cette union ils trouveront le bonheur… »

Aux premiers mots de Yaquita, Joam Garral s’était levé, sans avoir pu maîtriser ce brusque mouvement. Ses yeux s’étaient baissés ensuite et il semblait vouloir éviter le regard de sa femme.

« Qu’as-tu, Joam ? demanda-t-elle.

— Minha ?… se marier ?… murmurait Joam.

— Mon ami, reprit Yaquita, le cœur serré, as-tu donc quelque objection à faire à ce mariage ? Depuis longtemps déjà, n’avait-tu pas remarqué les sentiments de Manoel pour notre fille ?

— Oui !… Et depuis un an !… »

Puis, Joam s’était rassis sans achever sa pensée.