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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/56

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LA JANGADA.

avait lu avant eux dans le cœur des deux jeunes gens.

Dix minutes après, Benito était en face de Minha. Il faut en convenir, il n’eut pas là non plus à faire de grands frais d’éloquence. Aux premiers mots, la tête de l’aimable enfant se pencha sur l’épaule de son frère, et cet aveu : « Que je suis contente ! » était sorti de son cœur.

La réponse précédait presque la question : elle était claire. Benito n’en demanda pas davantage.

Quant au consentement de John Garral, il ne pouvait être l’objet d’un doute. Mais, si Yaquita et ses enfants ne lui parlèrent pas aussitôt de ce projet d’union, c’est qu’avec l’affaire du mariage, ils voulaient traiter en même temps une question qui pouvait bien être plus difficile à résoudre : c’était celle de l’endroit où ce mariage serait célébré.

En effet, où se ferait-il ? Dans cette modeste chaumière du village qui servait d’église ? Pourquoi pas ? puisque là, Joam et Yaquita avaient reçu la bénédiction nuptiale du padre Passanha qui était alors le curé de la paroisse d’Iquitos. À cette époque, comme à l’époque actuelle, au Brésil, l’acte civil se confondait avec l’acte religieux, et les registres de la Mission suffisaient à constater la régularité d’une situation qu’aucun officier de l’état civil n’avait été chargé d’établir.