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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/49

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LA FAMILLE GARRAL.

comme si la fortune de son père ne lui eût pas permis de rester oisif. Il n’était pas de ceux qui s’imaginent que la richesse dispense du travail, mais de ces vaillants esprits, fermes et droits, qui croient que nul ne doit se soustraire à cette obligation naturelle, s’il veut être digne du nom d’homme.

Pendant les premières années de son séjour à Bélem, Benito avait fait la connaissance de Manoel Valdez. Ce jeune homme, fils d’un négociant du Para, faisait ses études dans la même institution que Benito. La conformité de leurs caractères, de leurs goûts, ne tarda pas à les unir d’une étroite amitié, et ils devinrent deux inséparables compagnons.

Manoel, né en 1832, était d’un an l’aîné de Benito. Il n’avait plus que sa mère, qui vivait de la modeste fortune que lui avait laissée son mari. Aussi Manoel, lorsque ses premières études furent achevées, suivit-il des cours de médecine. Il avait un goût passionné pour cette noble profession, et son intention était d’entrer dans le service militaire vers lequel il se sentait attiré.

À l’époque où l’on vient de le rencontrer avec son ami Benito, Manoel Valdez avait déjà obtenu son premier grade, et il était venu prendre quelques mois de congé à la fazenda, où il avait l’habitude de