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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/46

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LA JANGADA.

du dedans et aux affaires du dehors, sa prospérité s’accroissait de jour en jour.

Le Portugais n’avait pas attendu si longtemps pour reconnaître ce qu’il devait à Joam Garral. Afin de le récompenser suivant son mérite, il l’avait d’abord intéressé dans les bénéfices de son exploitation ; puis, quatre ans après son arrivée, il en avait fait son associé au même titre que lui-même et à parties égales entre eux deux.

Mais il rêvait mieux encore. Yaquita, sa fille, avait su comme lui reconnaître dans ce jeune homme silencieux, doux aux autres, dur à lui-même, de sérieuses qualités de cœur et d’esprit. Elle l’aimait ; mais, bien que de son côté Joam ne fût pas resté insensible aux mérites et à la beauté de cette vaillante fille, soit fierté, soit réserve, il ne semblait pas songer à la demander en mariage.

Un grave incident hâta la solution.

Magalhaës, un jour, en dirigeant une coupe, fut mortellement blessé par la chute d’un arbre. Rapporté presque sans mouvement à la ferme et se sentant perdu, il releva Yaquita qui pleurait à son côté, il lui prit la main, il la mit dans celle de Joam Garral en lui faisant jurer de la prendre pour femme.

« Tu as refait ma fortune, dit-il, et je ne mourrai