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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/40

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LA JANGADA.

l’influence d’une éruption volcanique, et ils sont dans la nécessité de venir se fixer sur la gauche du Marânon. La race s’altéra bientôt par suite des alliances qui furent contractées avec les Indiens riverains, Ticunas ou Omaguas, et, aujourd’hui, Iquitos ne compte plus qu’une population mélangée, à laquelle il convient d’ajouter quelques Espagnols et deux ou trois familles de métis.

Une quarantaine de huttes, assez misérables, que leur toit de chaume rend à peine dignes du nom de chaumières, voilà tout le village, très pittoresquement groupé, d’ailleurs, sur une esplanade qui domine d’une soixantaine de pieds les rives du fleuve. Un escalier, fait de troncs transversaux, y accède, et il se dérobe aux yeux du voyageur, tant que celui-ci n’a pas gravi cet escalier, car le recul lui manque. Mais une fois sur la hauteur, on se trouve devant une enceinte peu défensive d’arbustes variés et de plantes arborescentes, rattachées par des cordons de lianes, que dépassent ça et là des têtes de bananiers et de palmiers de la plus élégante espèce.

À cette époque, — et sans doute la mode tardera longtemps à modifier leur costume primitif, — les Indiens d’Iquitos allaient à peu près nus. Seuls les Espagnols et les métis, fort dédaigneux envers leurs co-citadins indigènes s’habillaient d’une simple