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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/37

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VOLEUR ET VOLÉ.

— S’il vous plait d’y venir, monsieur Torrès, vous y serez hospitalièrement reçu.

— Je ne sais si je le puis ! répondit Torrès, qui, surpris par cette rencontre très inattendue, hésitait à prendre un parti. Je crains en vérité de ne pouvoir accepter votre offre !… L’incident que je viens de vous raconter m’a fait perdre du temps !… Il faut que je retourne promptement vers l’Amazone… que je compte descendre jusqu’au Para….

— Eh bien, monsieur Torrès, reprit Benito, il est probable que nous nous reverrons sur son parcours, car, avant un mois, mon père et toute sa famille auront pris le même chemin que vous.

— Ah ! dit assez vivement Torrès, votre père songe à repasser la frontière brésilienne ?…

— Oui, pour un voyage de quelques mois, répondit Benito. Du moins nous espérons l’y décider. — N’est-ce pas Manoel ? »

Manoel fit un signe de tête affirmatif.

« Eh bien, messieurs, répondit Torrès, il est en effet possible que nous nous retrouvions en route. Mais je ne puis, malgré mon regret, accepter votre offre en ce moment. Je vous en remercie néanmoins et me considère comme deux fois votre obligé. »

Cela dit, Torrès salua les jeunes gens, qui lui rendirent son salut et reprirent le chemin de la ferme.