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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/36

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LA JANGADA.

« Voilà sans doute, dit-il, ce qui vous appartient, monsieur ?

— C’est cela même », répondit Torrès, qui prit vivement l’étui, et ne put retenir un énorme soupir de soulagement.

« Qui dois-je remercier, messieurs, dit-il, pour le service qui vient de m’être rendu ?

— Mon ami Manoel, médecin aide-major dans l’armée brésilienne, répondit le jeune homme.

— Si c’est moi qui ai tiré ce singe, fit observer Manoel, c’est toi qui me l’as fait voir, mon cher Benito.

— Dans ce cas, messieurs, répliqua Torrès, c’est à vous deux que j’ai cette obligation, aussi bien à monsieur Manoel qu’à monsieur…

— Benito Garral, » répondit Manoel.

Il fallut au capitaine des bois une grande force sur lui-même pour ne pas tressaillir en entendant ce nom, et surtout lorsque le jeune homme ajouta obligeamment :

« La ferme de mon père, Joam Garral, n’est qu’à trois milles d’ici[1]. S’il vous plaît, monsieur…

— Torrès, répondit l’aventurier.

  1. Les mesures itinéraires au Brésil sont le petit mille, qui vaut 2  060 mètres, et la lieue commune ou grand mille, qui vaut 6  180 mètres.