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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/35

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VOLEUR ET VOLÉ.

sinon très redoutables, du moins assez nombreux dans ces forêts.

Évidemment Torrès n’avait rien à craindre de cette rencontre, et il continua de courir vers le corps du singe. Mais les jeunes gens, qui s’avançaient dans la même direction, avaient moins de chemin à faire, et, s’étant rapprochés de quelques pas, ils se trouvèrent en face de Torrès.

Celui-ci avait recouvré sa présence d’esprit.

« Grand merci ! messieurs, leur dit-il gaiement en soulevant le bord de son chapeau. Vous venez de me rendre, en tuant ce méchant animal, un grand service ! »

Les chasseurs se regardèrent d’abord, ne comprenant pas ce qui leur valait ces remerciements.

Torrès, en quelques mots, les mit au courant de la situation.

« Vous croyez n’avoir tué qu’un singe, leur dit-il, et en réalité, vous avez tué un voleur !

— Si nous vous avons été utiles, répondit le plus jeune des deux, c’est, à coup sûr, sans nous en douter ; mais nous n’en sommes pas moins très heureux de vous avoir été bons à quelque chose. »

Et, ayant fait quelques pas en arrière, il se pencha sur le guariba ; puis, non sans effort, il retira l’étui de sa main encore crispée.