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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/289

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ENTRE CES DEUX HOMMES.

ayez été aussi Joam Dacosta ! Ces deux noms ont été portés par un même homme ! Je vous arrête. »

À ces mots, Yaquita et Minha, frappées de stupeur, s’étaient arrêtées, sans pouvoir faire un mouvement.

« Mon père, un assassin ! » s’écria Benito, qui allait s’élancer vers Joam Garral.

D’un geste, son père lui imposa silence.

« Je ne me permettrai qu’une seule question, dit Joam Garral d’une voix ferme, en s’adressant au chef de police. Le mandat en vertu duquel vous m’arrêtez, a-t-il été lancé contre moi par le juge de droit de Manao, par le juge Ribeiro ?

— Non, répondit le chef de police, il m’a été remis, avec ordre de l’exécuter sur-le-champ, par son remplaçant. Le juge Ribeiro, frappé d’apoplexie hier dans la soirée, est mort cette nuit même à deux heures, sans avoir repris connaissance.

— Mort ! s’écria Joam Garral, un instant atterré par cette nouvelle, mort !… mort ! »

Mais bientôt, relevant la tête, il s’adressa à sa femme et à ses enfants :

« Le juge Ribeiro, dit-il, savait seul que j’étais innocent, mes bien-aimés ! La mort de ce juge peut m’être fatale, mais ce n’est pas une raison pour moi de désespérer ! »