Ouvrir le menu principal

Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/288

Cette page a été validée par deux contributeurs.

280
LA JANGADA.

Oui, Manoel savait tout cela, mais il savait aussi que Joam Garral, ou plutôt Joam Dacosta, était innocent, que son malheur même venait de le lui rendre plus cher et plus sacré !

Ce qu’il ne savait pas, c’était que la preuve matérielle de l’innocence du fazender existait, et que cette preuve était entre les mains de Torrès. Joam Garral avait voulu réserver pour le juge l’usage de cette preuve, qui devait l’innocenter, si l’aventurier avait dit vrai.

Manoel se borna donc à annoncer qu’il allait se rendre chez le padre Passanha, afin de le prier de tout préparer pour les deux mariages.

Le lendemain, le 24 août, une heure à peine avant celle où la cérémonie allait s’accomplir, une grande pirogue, qui s’était détachée de la rive gauche du fleuve, accostait la jangada.

Une douzaine de pagayeurs l’avaient rapidement amenée de Manao, et, avec quelques agents, elle portait le chef de police, qui se fit connaître et monta à bord.

À ce moment, Joam Garral et les siens, déjà parés pour la fête, sortaient de l’habitation.

« Joam Garral ! demanda le chef de police.

— Me voici, répondit Joam Garral.

— Joam Garral, répondit le chef de police, vous