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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/287

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ENTRE CES DEUX HOMMES.

— Le vôtre s’y fera en même temps, mon ami, répondit avec douceur Joam Garral. »

Et, faisant un signe à Manoel, il se retira dans sa chambre avec lui.

L’entretien de Joam Garral et de Manoel durait depuis une demi-heure, qui avait paru un siècle à la famille, lorsque la porte de l’habitation se rouvrit enfin.

Manoel en sortit seul.

Ses regards brillaient d’une généreuse résolution.

Allant à Yaquita, il lui dit : « Ma mère ! » à Minha, il dit : « Ma femme ; » à Benito, il dit : « Mon frère, » et se tournant vers Lina et Fragoso, il dit à tous : « À demain ! »

Il savait tout ce qui s’était passé entre Joam Garral et Torrès. Il savait que, comptant sur l’appui du juge Ribeiro par suite d’une correspondance qu’il avait eue avec lui depuis une année, sans en parler aux siens, Joam Garral était enfin parvenu à l’éclairer et à le convaincre de son innocence. Il savait que Joam Garral avait résolument entrepris ce voyage dans le seul but de faire réviser l’odieux procès dont il avait été victime, et de ne pas laisser peser sur son gendre et sur sa fille le poids de la terrible situation qu’il avait pu et dû accepter trop longtemps pour lui-même !