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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/286

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LA JANGADA.

aussi il me convient de débarquer et sans retard. Mais vous vous souviendrez de moi, Joam Garral ! Nous ne serons pas longtemps sans nous revoir !

— S’il ne dépend que de moi, répondit Joam Garral, nous nous reverrons et plus tôt peut-être que vous ne l’auriez voulu ! Je serai demain chez le juge de droit Ribeiro, le premier magistrat de la province, que j’ai prévenu de mon arrivée à Manao. Si vous l’osez, venez m’y retrouver !

— Chez le juge Ribeiro !… répondit Torrès, évidemment décontenancé.

— Chez le juge Ribeiro, » répondit Joam Garral.

Montrant alors la pirogue à Torrès, avec un geste de suprême mépris, Joam Garral chargea quatre de ses gens de le débarquer sans retard sur le point le plus rapproché de l’île.

Le misérable, enfin, disparut.

La famille, frémissante encore, respectait le silence de son chef. Mais Fragoso, ne se rendant compte qu’à demi de la gravité de la situation et emporté par son brio ordinaire, s’était approché de Joam Garral.

« Si le mariage de mademoiselle Minha et de monsieur Manoel se fait dès demain, sur la jangada…