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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/283

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ENTRE CES DEUX HOMMES.

accuse dans l’instruction déjà faite ! Vous êtes condamné à mort, et, vous le savez, dans les condamnations pour crimes de ce genre, le gouvernement s’est interdit jusqu’au droit de commuer les peines. Dénoncé, vous êtes pris ! Pris, vous êtes exécuté… et je vous dénonce ! »

Si maître qu’il fût de lui, Joam Garral ne pouvait plus se contenir. Il allait s’élancer sur Torrès…

Un geste de ce coquin fit tomber sa colère.

« Prenez garde, dit Torrès. Votre femme ne sait pas qu’elle est la femme de Joam Dacosta, vos enfants ne savent pas qu’ils sont les enfants de Joam Dacosta, et vous allez le leur apprendre ! »

Joam Garral s’arrêta. Il reprit tout son empire sur lui-même, et ses traits recouvrèrent leur calme habituel.

« Cette discussion a trop duré, dit-il en marchant vers la porte, et je sais ce qu’il me reste à faire !

— Prenez garde, Joam Garral ! » dit une dernière fois Torrès, qui ne pouvait croire que son ignoble procédé de chantage eût échoué.

Joam Garral ne lui répondit pas. Il repoussa la porte qui s’ouvrait sous la véranda, il fît signe à Torrès de le suivre, et tous deux s’avancèrent vers le centre de la jangada, où la famille était réunie.

Benito, Manoel, tous, sous l’impression d’une