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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/282

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LA JANGADA.

— Et cet écrit ?… »

Joam Garral fut sur le point de se jeter sur Torrès, pour le fouiller, pour lui arracher cette preuve de son innocence.

« Cet écrit, il est en lieu sûr, répondit Torrès, et vous ne l’aurez qu’après que votre fille sera devenue ma femme. Maintenant, me la refusez-vous encore ?

— Oui, répondit Joam Garral. Mais, en échange de cet écrit, la moitié de ma fortune est à vous !

— La moitié de votre fortune ! s’écria Torrès ! Je l’accepte, à la condition que Minha me l’apportera en mariage !

— Et c’est ainsi que vous respectez les volontés d’un mourant, d’un criminel que le remords a touché, et qui vous a chargé de réparer, autant qu’il était en lui, le mal qu’il a fait !

— C’est ainsi.

— Encore une fois, Torrès, s’écria Joam Garral, vous êtes un grand misérable !

— Soit.

— Et, comme je ne suis pas un criminel, moi, nous ne sommes pas faits pour nous entendre !

— Ainsi, vous refusez ?…

— Je refuse !

— C’est votre perte, alors, Joam Garral. Tout vous