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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/281

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ENTRE CES DEUX HOMMES.

coupable, et je suis en mesure de prouver votre innocence !

— Et le misérable qui a commis le crime ?…

— Il est mort.

— Mort ! s’écria Joam Garral, que ce mot fit pâlir malgré lui, comme s’il lui eût enlevé tout pouvoir ne jamais se réhabiliter.

— Mort, répondit Torrès ; mais cet homme, que j’ai connu longtemps après le crime, et sans que je susse qu’il fût criminel, avait écrit tout au long, de sa main, le récit de cette affaire des diamants, afin d’en conserver jusqu’aux moindres détails. Sentant sa fin approcher, il fut pris de remords. Il savait où s’était réfugié Joam Dacosta, sous quel nom l’innocent s’était refait une vie nouvelle. Il savait qu’il était riche, au milieu d’une famille heureuse, mais il savait aussi qu’il devait lui manquer le bonheur ! Eh bien, ce bonheur, il voulut le lui rendre avec l’honorabilité à laquelle il avait droit !… Mais la mort venait… il me chargea, moi, son compagnon, de faire ce qu’il ne pourrait plus faire !… Il me remit les preuves de l’innocence de Dacosta, afin de les lui faire parvenir, et mourut.

— Le nom de cet homme ? s’écria Joam Garral, d’un ton qu’il ne put maîtriser.

— Vous le saurez, quand je serai de votre famille !