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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/280

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LA JANGADA.

et l’honneur de sa famille, la vie de son père, elle n’hésitera pas !

— Vous êtes un bien grand misérable, Torrès ! dit tranquillement Joam Garral, que son sang-froid n’abandonnait pas.

— Un misérable et un assassin sont faits pour s’entendre ! »

À ces mots, Joam Garral se leva, et, allant à l’aventurier qu’il regarda bien en face :

« Torrès, dit-il, si vous demandez à entrer dans la famille de Joam Dacosta, c’est que vous savez que Joam Dacosta est innocent du crime pour lequel il a été condamné !

— Vraiment !

— Et j’ajoute, reprit Joam Garral, c’est que vous avez la preuve de son innocence, et que, cette innocence, vous vous réservez de la proclamer le jour où vous aurez épousé sa fille !

— Jouons franc jeu, Joam Garral, répondit Torrès en baissant la voix, et, quand vous m’aurez entendu, nous verrons si vous oserez me refuser votre fille !

— Je vous écoute, Torrès.

— Eh bien, oui, dit l’aventurier en retenant à demi ses paroles, comme s’il eût eu regret de les laisser s’échapper de ses lèvres, oui, vous êtes innocent ! Je le sais, car je connais le véritable