Ouvrir le menu principal

Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/275

Cette page a été validée par deux contributeurs.

267
HISTOIRE ANCIENNE.

ses réflexions, et, à ce moment, lui mettant la main sur l’épaule :

« Joam Garral, lui dit-il, pourrais-je avoir avec vous un quart d’heure d’entretien ? »

Joam Garral regarda Torrès.

« Ici ? répondit-il.

— Non ! en particulier !

— Venez donc ! »

Tous deux retournèrent vers la maison, y rentrèrent, et la porte se referma sur eux.

Il serait difficile de dépeindre ce que chacun éprouva, lorsque Joam Garral et Torrès eurent quitté la place. Que pouvait-il y avoir de commun entre cet aventurier et l’honnête fazender d’Iquitos ? Il y avait comme la menace d’un épouvantable malheur suspendu sur toute cette famille, et personne n’osait s’interroger.

« Manoel, dit Benito, en saisissant le bras de son ami qu’il entraîna, quoi qu’il arrive, cet homme débarquera demain à Manao !

— Oui !… il le faut !… répondit Manoel.

— Et si par lui… oui ! par lui, quelque malheur arrive à mon père… je le tuerai ! »