Ouvrir le menu principal

Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/273

Cette page a été validée par deux contributeurs.

265
HISTOIRE ANCIENNE.

rent pas à se porter sur lui. Il fut accusé d’avoir mené toute cette affaire. En vain prétendit-il qu’il était innocent. Grâce à sa situation, il était en mesure de connaître le jour où le départ du convoi devait s’effectuer. Lui seul avait pu prévenir la bande de malfaiteurs. Il fut accusé, arrêté, jugé, condamné à mort. Or, une pareille condamnation entraînait l’exécution dans les vingt-quatre heures.

— Ce malheureux fut-il exécuté ? demanda Fragoso.

— Non, répondit Torrès. On l’avait enfermé dans la prison de Villa-Rica, et, pendant la nuit, quelques heures seulement avant l’exécution, soit qu’il eût agi seul, soit qu’il eût été aidé par plusieurs de ses complices, il parvint à s’échapper.

— Depuis, on n’a plus jamais entendu parler de cet homme ? demanda Joam Garral.

— Jamais ! répondit Torrès. Il aura quitté le Brésil, et maintenant, sans doute, il mène joyeuse vie en pays lointain, avec le produit du vol qu’il aura su réaliser.

— Puisse-t-il avoir vécu misérablement, au contraire ! répondit Joam Garral.

— Et puisse Dieu lui avoir donné le remords de son crime ! » ajouta le padre Passanha.

À ce moment, les convives s’étaient levés de table,