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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/270

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LA JANGADA.

— Cela est regrettable, reprit celui-ci, et vous devriez faire un jour ce voyage. C’est fort curieux, je vous assure ! Le district des diamants est une enclave dans le vaste empire du Brésil, quelque chose comme un parc de douze lieues de circonférence, et qui, par la nature du sol, sa végétation, ses terrains sablonneux enfermés dans un cirque de hautes montagnes, est très différent de la province environnante. Mais, comme je vous l’ai dit, c’est l’endroit le plus riche du monde, puisque, de 1807 à 1817, la production annuelle a été de dix-huit mille carats[1] environ. Ah ! il y avait de beaux coups à faire, non seulement pour les grimpeurs qui cherchaient la pierre précieuse jusque sur la cime des montagnes, mais aussi pour les contrebandiers qui la passaient en fraude ! Maintenant, l’exploitation est moins aisée, et les deux mille noirs, employés au travail des mines par le gouvernement, sont obligés de détourner des cours d’eau pour en extraire le sable diamantin. Autrefois, c’était plus commode.

— En effet, répondit Fragoso, le bon temps est passé !

— Mais ce qui est resté facile, c’est de se procurer le diamant à la façon des malfaiteurs, je veux dire

  1. Le carat vaut 4 grains ou 212 milligrammes.