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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/27

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VOLEUR ET VOLÉ.

passage de l’état de sommeil à l’état de veille s’opère sans transition, il fut aussitôt debout.

En un instant, Torrès avait reconnu à qui il avait affaire.

« Un guariba ! » s’écria-t-il.

Et sa main saisissant la manchetta déposée près de lui, il se mit en état de défense.

Le singe, effrayé, s’était aussitôt reculé, et, moins brave devant un homme éveillé que devant un homme endormi, après une rapide gambade, il se glissa sous les arbres.

« Il était temps ! s’écria Torrès. Le coquin m’aurait assommé sans plus de cérémonie ! »

Soudain, entre les mains du singe, qui s’était arrêté à vingt pas et le regardait avec force grimaces, comme s’il eût voulu le narguer, il aperçut son précieux étui.

« Le gueux ! s’écria-t-il encore. S’il ne m’a pas tué, il a presque fait pis ! il m’a volé ! »

La pensée que l’étui contenait son argent ne fut cependant pas pour le préoccuper tout d’abord. Mais ce qui le fit bondir, c’est l’idée que l’étui renfermait ce document, dont la perte, irréparable pour lui, entraînerait celle de toutes ses espérances.

« Mille diables ! » s’écria-t-il.

Et cette fois, voulant, coûte que coûte, reprendre