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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/269

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HISTOIRE ANCIENNE.

subites, qui ont dû faire tourner bien des têtes ! N’avez-vous pas entendu parler de ce fameux diamant d’Abaete, dont la valeur a été estimée à plus de deux millions de contos de reis[1]. Eh bien, ce sont les mines du Brésil qui l’ont produit, ce caillou qui pesait une once ! Et ce sont trois condamnés, — oui ! trois condamnés à un exil perpétuel, — qui le trouvèrent par hasard dans la rivière d’Abaete, à quatre-vingt-dix lieues du Serro do Frio !

— Du coup, leur fortune fut faite ? demanda Fragoso.

— Eh non ! répondit Torrès. Le diamant fut remis au gouverneur général des mines. La valeur de la pierre ayant été reconnue, le roi Jean VI de Portugal la fit percer, et il la portait à son cou dans les grandes cérémonies. Quant aux condamnés, ils obtinrent leur grâce, mais ce fut tout, et de plus habiles auraient tiré de là de bonnes rentes !

— Vous sans doute ? dit très sèchement Benito.

— Oui… moi !… Pourquoi pas ? répondit Torrès.

— Est-ce que vous avez jamais visité le district diamantin ? ajouta-t-il, en s’adressant à Joam Garral, cette fois.

— Jamais, répondit Joam en regardant Torrès.

  1. 7 milliards 500 millions de francs, suivant l’estimation très exagérée sans doute de Romé de l’Isle.