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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/264

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LA JANGADA.

Manoel, lui, causait le plus souvent avec la jeune fille. Entre temps, ses yeux se portaient aussi sur Torrès ; mais, en somme, mieux que Benito, il avait pris son parti d’une situation qui, si elle ne finissait pas à Manao, finirait certainement à Bélem.

Le dîner fut assez gai. Lina l’anima de sa bonne humeur, Fragoso de ses joyeuses reparties. Le padre Passanha regardait gaiement tout ce petit monde qu’il chérissait, et ces deux jeunes couples que sa main devait bientôt bénir dans les eaux du Para.

« Mangez bien, padre, dit Benito, qui finit par se mêler à la conversation générale, faites honneur à ce repas de fiançailles ! Il vous faudra des forces pour célébrer tant de mariages à la fois !

— Eh ! mon cher enfant, répondit le padre Passanha, trouve-nous une belle et honnête jeune fille qui veuille de toi, et tu verras si je ne suffirai pas à vous marier encore tous deux !

— Bien répondu ! padre, s’écria Manoel. Buvons au prochain mariage de Benito !

— Nous lui chercherons à Bélem une jeune et belle fiancée, dit Minha, et il faudra bien qu’il fasse comme tout le monde !

— Au mariage de monsieur Benito ! dit Fragoso, qui aurait voulu que le monde entier convolât avec lui.