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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/257

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LE DINER D’ARRIVÉE.

« Il y a dans tout cela je ne sais quel mystère que je ne puis comprendre ! dit Benito.

— Oui, mais nous sommes rassurés sur un point, répondit Manoel. Il est bien certain, Benito, que Torrès n’en veut pas à la vie de ton père. Pour le surplus, nous veillerons encore ! »

Du reste, il sembla qu’à partir de ce jour Torrès voulut se montrer plus réservé. Il ne chercha aucunement à s’imposer à la famille et fut même moins assidu près de Minha. Il se fit donc une détente dans cette situation, dont tous, sauf Joam Garral peut-être, sentaient la gravité.

Le soir du même jour, on laissa sur la droite du fleuve l’île Baroso, formée par un furo de ce nom, et le lac Manaoari, qui est alimenté par une série confuse de petits tributaires.

La nuit se passa sans incidents, mais Joam Garral avait recommandé de veiller avec grand soin.

Le lendemain, 20 août, le pilote, qui tenait à suivre d’assez près la rive droite à cause des capricieux remous de gauche, s’engagea entre la berge et les îles.

Au delà de cette berge, le territoire était semé de lacs grands et petits, tels que le Calderon, le Huarandeina, et quelques autres lagons à eaux noires. Ce système hydrographique marquait l’approche