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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/256

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LA JANGADA.

— Et comment, mademoiselle Lina ?

— Oh ! vous le savez bien !

— Alors, si je le sais, que ce soit tôt et non tard ! » répondit l’aimable garçon.

Et, de ce jour, il fut bien entendu que la charmante Lina était la fiancée de Fragoso, que leur mariage s’accomplirait en même temps que celui de Minha et de Manoel, et que le nouveau couple resterait à Bélem près des jeunes mariés.

« Voilà qui est bien, répétait sans cesse Fragoso, mais je n’aurais jamais cru que le Para fût si loin ! »

Quant à Manoel et à Benito, ils avaient eu une longue conversation au sujet de ce qui s’était passé. Il ne pouvait plus être question d’obtenir de Joam Garral le congédiement de son sauveur.

« Votre vie m’était précieuse entre toutes, » avait dit Torrès.

Cette réponse, à la fois hyperbolique et énigmatique, qui était échappée à l’aventurier, Benito l’avait entendue et retenue.

Provisoirement, les deux jeunes gens ne pouvaient donc rien. Plus que jamais, ils en étaient réduits à attendre, — à attendre non plus quatre ou cinq jours, mais sept ou huit semaines encore, c’est-à-dire tout le temps qu’il faudrait à la jangada pour descendre jusqu’à Bélem.