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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/250

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LA JANGADA.

signe aux Indiens et aux noirs de revenir en arrière.

— À la maison ! répondit Manoel. C’est plus pressé ! »

Et, en effet, comme il ne fallait pas essayer de lutter directement, le mieux était de se mettre à l’abri tout d’abord.

Ce fut fait en un instant. La famille Garral s’était réfugiée dans la maison, où les deux jeunes gens la rejoignirent. Les Indiens et les noirs avaient regagné leurs carbets et leurs cases.

Au moment de refermer la porte de la maison :

« Et Minha ? dit Manoel.

— Elle n’est pas là ! répondit Lina, qui venait de courir à la chambre de sa maîtresse.

— Grand Dieu ! Où est-elle ? » s’écria sa mère.

Et tous d’appeler à la fois :

« Minha ! Minha ! »

Pas de réponse.

« Elle est donc à l’avant de la jangada ? dit Benito.

— Minha ! » cria Manoel.

Les deux jeunes gens, Fragoso, Joam Garral, ne songeant plus au danger, se jetèrent hors de la maison, des fusils à la main.

À peine étaient-ils au dehors, que deux des caïmans, faisant demi-tour, couraient sur eux.