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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/247

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UNE ATTAQUE.

C’est encore un des grands tributaires de droite de l’Amazone, et il paraît offrir plus de cinq cents lieues de cours navigable, même à de forts bâtiments. Il s’enfonce dans le sud-ouest et mesure près de quatre mille pieds à son embouchure. Après avoir coulé sous l’ombrage des ficus, des tahuaris, des palmiers « nipas », des cécropias, c’est véritablement par cinq bras qu’il se jette dans l’Amazone[1].

En cet endroit, le pilote Araujo pouvait manœuvrer avec une grande aisance. Le cours du fleuve était moins obstrué d’îles, et, en outre, sa largeur, d’une rive à l’autre, pouvait être estimée à deux lieues au moins.

Aussi le courant entraînait-il plus uniformément la jangada, qui, le 18 août, s’arrêtait devant le village de Pesquero, pour y passer la nuit.

Le soleil était déjà très bas sur l’horizon, et, avec cette rapidité spéciale aux basses latitudes, il allait tomber presque perpendiculairement, comme un énorme bolide. La nuit devait succéder au jour presque sans crépuscule, comme ces nuits de théâtre que l’on fait en baissant brusquement la rampe.

Joam Garral et sa femme, Lina et la vieille Cybèle étaient devant l’habitation.

  1. Il a été récemment étudié pendant six cents lieues par M. Bates, un savant géographe anglais.