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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/246

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LA JANGADA.

dans de bonnes conditions pour la récolte, les Indiens s’étaient mis à la besogne.

Incisions faites dans l’aubier des seringueiras, ils avaient attaché au-dessous de la plaie de petits pots que vingt-quatre heures devaient suffire à remplir d’un suc laiteux, qu’on peut aussi récolter au moyen d’un bambou creux et d’un récipient placé au pied de l’arbre.

Ce suc recueilli, afin d’empêcher l’isolement de ses particules résineuses, les Indiens le soumettent à une fumigation sur un feu de noix de palmier assaï. En étalant le suc sur une pelle de bois qu’on agite dans la fumée, on produit presque instantanément sa coagulation ; il revêt une teinte grise jaunâtre et se solidifie. Les couches qui se forment successivement sont alors détachées de la pelle ; on les expose au soleil, elles se durcissent encore et prennent la couleur brune que l’on connaît. À cet instant, la fabrication est achevée.

Benito, trouvant l’occasion excellente, acheta à ces Indiens toute la quantité de caoutchouc emmagasinée dans leurs cabanes, qui sont élevées sur pilotis. Le prix qu’il leur en donna était suffisamment rémunérateur, et ils se montrèrent fort satisfaits.

Quatre jours plus tard, le 14 août, la jangada passait devant les bouches du Purus.