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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/245

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UNE ATTAQUE.

laissa pas voir et ne changea rien à sa manière d’être.

Satisfaits de s’être expliqués, Manoel et Benito se promirent de le garder à vue, sans rien faire qui put mettre son attention en éveil.

Pendant les jours suivants, la jangada dépassa l’entrée des furos Camara, Aru, Yuripari, de la rive droite, dont les eaux, au lieu de se déverser dans l’Amazone, vont, au sud, alimenter le rio des Purus et reviennent par lui au grand fleuve. Le 10 août, à cinq heures du soir, on faisait escale à l’île des Cocos.

Là se trouvait un établissement de seringuaire. Ce nom est celui du fabricant de caoutchouc, tiré du « seringueira », arbre dont le nom scientifique est « siphonia elastica ».

On dit que, par négligence ou mauvaise exploitation, le nombre de ces arbres diminue dans le bassin de l’Amazone ; mais les forêts de seringueiras sont encore très considérables sur les bords du Madeira, du Purus et autres affluents du fleuve.

Ils étaient là une vingtaine d’Indiens, récoltant et manipulant le caoutchouc, opération qui se fait plus spécialement pendant les mois de mai, juin et juillet.

Après avoir reconnu que les arbres, bien préparés par les crues du fleuve qui avaient inondé leurs tiges à une hauteur de quatre pieds environ, se trouvaient